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Les universités françaises face au Covid

Stéphanie Mignot-Gerard

Financement : ANR

Période : 2020-2021

Résumé
Les travaux sur la gestion organisationnelle des crises s’intéressent presque exclusivement aux centrales nucléaires, sites industriels à risque ou aux réactions des administrations face à des catastrophes. Mais qu’en est-il des organisations qui, comme les universités, sont caractérisées par des interdépendances fonctionnelles faibles et des technologies souples ? Leurs découplages internes, leur décentralisation et leur perméabilité à l’environnement externe les rendent-elles plus résilientes face à une crise exogène ? La quasi absence de recherches sur la gestion des crises au sein des universités, en France et à l’étranger, ne permet pas de répondre à ces questions. Nous proposons par conséquent d’apporter un éclairage inédit en étendant les résultats des travaux sur la gestion organisationnelle des crises aux universités françaises face au COVID-19, et en nous intéressant aux facteurs qui ont favorisé ou au contraire freiné la préparation et la gestion de la crise sanitaire.

Cette recherche-action comprendra deux volets. Pour le premier, il s’agit de collecter et d’exploiter des données sur l’ensemble des universités depuis le début de la crise et permettent de tirer des conclusions sur les dynamiques en cours. Cette collecte couvrira l’année 2020 et le premier semestre 2021 si les groupes de travail et réflexions sur la gestion de l’épidémie sont maintenus jusque là. Le second volet reposera sur une enquête par entretiens menés dans quatre universités choisies à partir des données collectées pour le premier volet. Nous réaliserons une étude approfondie, monographique et comparative du gouvernement en temps de crise de quatre établissements n’ayant pas suivi des stratégies semblables face au COVID-19, situés dans des régions différentes et plus ou moins touchées par la pandémie, présentant des compositions disciplinaires variées (présence de composante médicale ou non), des situations budgétaires et des projets de développement peu comparables, etc.

Il s’agira ensuite de tirer des enseignements pratiques de ces recherches pour les universités afin qu’elles soient mieux préparées à de futures crises, et réciproquement, de voir dans quelle mesure les décisions, les modes de gestion et de communication de crise qu’elles ont mis en œuvre peuvent être répliqués et transposés dans d’autres types d’organisations.